20 février 2025

Chute vertigineuse : le secteur de la construction au Burkina Faso plonge de 40 % au 1ᵉʳ trimestre 2025

Les points clés :

  • L’indice du chiffre d’affaires du secteur construction au Burkina Faso recule de 40,0 % au 1ᵉʳ trimestre 2025 par rapport au trimestre précédent, selon l’INSD.

  • Cette contraction touche toutes les composantes : bâtiment (-29,4 %), génie civil (-69,7 %) et activités spécialisées (-27,3 %).

  • Sur un plan annuel, l’indice global en construction affiche néanmoins une hausse de +18,9 %, témoignant d’une forte volatilité du secteur.


Le secteur de la construction, longtemps perçu comme moteur de l’investissement public, de l’emploi et du développement urbain au Burkina Faso, connaît un retournement spectaculaire au 1ᵉʳ trimestre 2025. D’après l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD), l’indice du chiffre d’affaires (ICA) du secteur s’est établi à 159,3 points contre 265,4 au trimestre précédent, soit une chute de 40,0 %.

Cette contraction n’est pas circonscrite à un segment. En effet, la baisse est généralisée : la construction de bâtiments recule de 29,4 %, le génie civil s’effondre de 69,7 % et les activités spécialisées de construction (finition, installation, démolition, etc.) chutent de 27,3 %.

Pour la construction de bâtiments, la baisse est tirée par un recul marqué de la promotion immobilière (–57,4 %) et de la construction de bâtiments complets (–29,7 %). Cependant, en glissement annuel, cette même branche affiche une progression forte (+59,1 %), tirée principalement par les bâtiments complets (+67,0 %), même si la promotion immobilière subit un revers sévère (–78,9 %).

Le génie civil, secteurs routiers, ouvrages publics, réseaux, infrastructures, est particulièrement affecté. Sur la base trimestrielle, la chute est de 69,7 %, et sur un an, l’indice recule de 43,7 %.

Quant aux activités spécialisées de construction (travaux de finition, installations, démolition, etc.), elles enregistrent une baisse de 27,3 % sur la période, avec des segments comme « autres travaux spécialisés » qui reculent de 70,7 %. En glissement annuel, cette branche affiche un recul de 12,5 %.

Cette conjoncture s’inscrit dans un climat d’incertitude économique et de contraintes structurelles : raréfaction ou renchérissement des financements, perturbations dans les chaînes d’approvisionnement, volatilité des prix des matériaux et pressions macroéconomiques.

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